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Paris : Face au discours officiel, le contre-forum citoyen expose les réalités d’un Tchad incertain pour les investisseurs

Au lendemain de la grande opération de séduction menée par le gouvernement tchadien lors de son forum économique du 25 septembre à Paris, la réponse de la société civile, des opposants et de la diaspora ne s’est pas fait attendre. Ce samedi 26 septembre, la capitale française a abrité un contre-forum économique et citoyen destiné à déconstruire le récit officiel d’un Tchad « ouvert et attractif » pour les affaires.

À travers 5 panels d’experts repartie en 3 groupes composé d’acteurs politiques, de jeunes et de représentants de la société civile, les participants ont dressé un constat sans concession : investir au Tchad aujourd’hui relève du mirage face à un climat politique étouffant et une gouvernance fragilisée.

Le premier panel s’est attaché à décortiquer l’état de lieu de l’économie et de la gouvernance. Pour les intervenants, le cadre institutionnel reste trop instable pour garantir la sécurité juridique indispensable à tout investissement privé. La concentration du pouvoir, l’absence de garanties démocratiques réelles et les atteintes répétées aux libertés fondamentales créent un environnement imprévisible où le droit des affaires s’efface souvent.

Le deuxième axe de discussion a mis en lumière les aspects juridiques et la lutte contre la corruption face aux investisseurs étrangers et la réalité du terrain. Opacité dans l’attribution des marchés publics, corruption systémique, pression fiscale arbitraire et faiblesses structurales des infrastructures sont d’autant d’obstacles majeurs qui freinent l’émergence d’un secteur privé local fort et découragent les capitaux durables.

Le dernier panel a porté sur la jeunesse et les perspectives de son implication dans la gouvernance véritable axée sur les développements des compétences. Les intervenants ont souligné que le Tchad ne pourra attirer de partenaires crédibles tant que les réformes de fond, n notamment la justice indépendante, transparence financière et dialogue national inclusif n’auront pas été engagées et une jeunesse résiliente.

En organisant cette riposte citoyenne, les initiateurs du contre-forum ont voulu envoyer un avertissement direct aux bailleurs de fonds et entreprises étrangères : les engagements pris avec un gouvernement en manque de légitimité démocratique reposent sur des bases fragiles.

Ce contre-sommet aura permis de faire entendre une voix alternative à Paris, rappelant que la stabilité politique et le respect de l’État de droit demeurent les seuls véritables garants d’un développement économique durable au Tchad.

Djagbara Xavier