Réunies en point de presse ce 31 décembre 2025, les trois grandes plateformes des organisations culturelles et artistiques du Tchad ont apporté leur éclairage sur la Note circulaire n°007/PR/PM/SG/2025 du Premier ministre.
Loin d’y voir une entrave à la création, elles y lisent un cadre de régulation nécessaire et réaffirment leur engagement à accompagner les autorités, tout en plaidant pour l’adoption rapide du statut de l’artiste tchadien.
Les plateformes des artistes tchadiens — la Coordination nationale des artistes tchadiens (CONAT), l’Union des organisations culturelles et artistiques du Tchad (UNOCAT) et la Coordination des clubs des artistes tchadiens (CCAT) — ont tenu un point de presse afin d’éclairer l’opinion publique et le monde culturel sur la portée de la Note circulaire n°007/PR/PM/SG/2025, signée le 26 décembre 2025 par le Premier ministre, Chef du Gouvernement. Cette note est adressée aux institutions publiques, aux partenaires privés ainsi qu’aux organisateurs de manifestations culturelles et artistiques.
Présentée par le porte-parole des artistes, Masngar Jonas Massengo, par ailleurs Coordonnateur national des artistes tchadiens (CONAT), la déclaration souligne que la circulaire intervient dans un contexte marqué par la prolifération d’activités culturelles et artistiques, souvent caractérisées par un déficit de structuration et l’absence de mécanismes garantissant la qualité et la durabilité des événements.
Les plateformes ont tenu à dissiper toute ambiguïté quant aux intentions des autorités. Selon elles, la mesure gouvernementale ne constitue ni une censure, ni une restriction des libertés artistiques, encore moins une entrave à la création. Elle s’inscrit plutôt dans une logique de gouvernance responsable et souveraine, indispensable à la mise en œuvre d’une politique culturelle nationale cohérente et efficace.
Rappelant que la culture est un secteur fondamental de la vie nationale, les organisations estiment légitime que l’État réglemente, encadre et accompagne les activités culturelles et artistiques. Une telle démarche, ont-elles souligné, est une pratique courante dans les pays où la culture est considérée comme un levier de développement et de cohésion sociale, et le Tchad ne saurait faire exception à cette règle.
Les plateformes ont également rappelé que la communication et l’exploitation des œuvres littéraires et artistiques au Tchad sont déjà régies par des textes nationaux. La note circulaire vient ainsi renforcer un cadre juridique existant, dans l’objectif de mieux organiser le secteur et de protéger à la fois les artistes et les organisateurs d’événements.
Tout en appréciant « à sa juste valeur » l’initiative du Premier ministre, les trois plateformes ont réaffirmé leur engagement à accompagner positivement les autorités dans l’exécution de la note circulaire, dans l’intérêt général du monde culturel. Profitant de l’occasion, elles ont lancé un appel pressant aux hautes autorités afin que la loi portant statut de l’artiste tchadien soit adoptée d’ici 2026, condition jugée essentielle pour la professionnalisation et la reconnaissance durable des artistes au Tchad.


