
La scène aurait pu être un simple épisode administratif. Elle est devenue un symbole national de mépris et de déconnexion. Le 25 février 2026, l’Ambassade du Tchad en France a remis 10 000 euros à 19 associations étudiantes tchadiennes, une somme présentée comme un « soutien » du Président de la République lors de son séjour à Paris fin janvier.
Mais ce geste, déjà modeste, prend une dimension explosive lorsqu’on le compare aux révélations de Mediapart : près de 900 000 euros dépensés par la délégation présidentielle dans un hôtel parisien durant le même voyage.
Selon les révélations de la presse française, la délégation du chef de l’État tchadien aurait séjourné dans l’un des hôtels les plus chers de Paris, pour un montant avoisinant 900 000 euros. Pendant ce temps, les étudiants tchadiens en France — confrontés à des loyers exorbitants, des retards de bourses, des démarches administratives interminables — se voient offrir 10 000 euros, soit l’équivalent d’à peine 500 euros par association.
À Paris, 500 euros ne couvrent même pas un mois de loyer d’une chambre de 9 m². Mais ils suffisent, semble-t-il, à acheter la conscience du pouvoir.

Un document officiel qui expose une distribution opaque
Le document signé par plusieurs responsables de l’Ambassade du Tchad en France atteste la remise en espèces de 10 000 euros à 19 représentants associatifs. Mais plusieurs étudiants affirment n’avoir été ni informés, ni consultés, ni représentés.
Certaines associations mentionnées n’ont aucune « base légale clairement établie » selon Adoum Abderaman Adoum, président de l’Union des étudiants, stagiaires, élèves et jeunes actifs tchadiens de Paris et d’Ile-de-France, ce qui alimente les soupçons de favoritisme, de clientélisme et de manipulation politique.
La diaspora étudiante, pourtant l’une des plus actives et structurées, découvre qu’elle n’est pas un partenaire du gouvernement, mais un outil de communication.

Une jeunesse sacrifiée, une diaspora méprisée
Les étudiants tchadiens en France vivent une réalité que le pouvoir refuse obstinément de voir. Les retards chroniques de bourses, la précarité administrative, les loyers insoutenables, l’absence de soutien institutionnel, l’isolement social et parfois même impossibilité de renouveler leurs titres de séjour faute de moyens.
Face à cela, le gouvernement offre… 10 000 euros. Une somme qui relève davantage de l’aumône que d’une politique publique. « On nous jette des miettes pendant que les dirigeants se vautrent dans le luxe », dénonce un étudiant Tchadien à Paris.
Un malaise profond : la colère monte
Depuis la diffusion du document, les réactions se multiplient. Les étudiants dénoncent une gestion opaque, une absence totale de transparence, une instrumentalisation politique et un mépris assumé pour la jeunesse tchadienne. Le contraste entre les 800 000 euros d’hôtel et les 10 600 euros d’aide est devenu le symbole d’un pouvoir qui a perdu tout sens des priorités.
La jeunesse tchadienne représente l’avenir du pays. Elle étudie, travaille, se bat, porte haut les couleurs du Tchad à l’étranger. Mais elle ne reçoit que des miettes, quand les dirigeants dépensent sans compter. Ce n’est pas seulement une question de chiffres. C’est une question de respect. De dignité. De vision. Parce qu’un pays qui méprise sa jeunesse se condamne lui-même. Et parce qu’il est temps que la vérité éclate.
La rédaction
