
Une lueur d’espoir se dessine pour les enseignants tchadiens. Selon des rumeurs persistantes, confirmées par des sources proches du dossier, leurs salaires du mois de février pourraient être versés dès la semaine prochaine. Ce dénouement attendu mettrait fin à une période de tension marquée par une grève « sèche et illimitée » et la suspension de la rémunération des grévistes par le gouvernement.
Le point de discorde : l’application du décret 2850
Au cœur de la crise se trouve le décret 2850, signé par le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno. Ce texte réglementaire prévoit une revalorisation significative des primes accordées aux enseignants, notamment les primes de logement, de responsabilité et de risques. Face à ce qu’ils considèrent comme une lenteur, voire un refus de mise en œuvre de ce décret, les syndicats d’enseignants ont déclenché un mouvement de grève il y a plusieurs semaines.

Une mesure de rétorsion et ses conséquences
En réaction à ce mouvement social, le gouvernement avait pris la décision drastique de suspendre le paiement des salaires du mois de février pour les enseignants grévistes. Cette mesure, loin d’affaiblir la mobilisation, a accentué la colère des enseignants et paralysé le système éducatif sur l’ensemble du territoire, privant des milliers d’élèves de cours.
Vers un retour à la normale ?
C’est dans ce contexte tendu que des informations font état d’une instruction présidentielle visant à débloquer la situation. Le président Mahamat Idriss Déby Itno aurait ordonné le paiement des enseignants par billetage, une procédure exceptionnelle permettant de verser les salaires directement en espèces, afin de contourner les circuits bancaires habituels et d’accélérer le processus. L’objectif affiché est de permettre une reprise rapide des cours et de sauver l’année scolaire.

Imbroglio administratif ou manipulation logicielle ?
Une source interne au ministère de l’Éducation nationale, s’exprimant sous couvert d’anonymat, apporte un éclairage surprenant sur la suspension des salaires. Contrairement à la thèse d’une mesure de rétorsion délibérée, cette source évoque une « fausse manipulation » du logiciel SIGAPE, le système de gestion des ressources humaines et de la paie de l’État. Selon cette version, la suspension serait le résultat d’une erreur technique et non d’une décision politique. Cette information, si elle se confirme, soulèverait des questions sur la gestion administrative de la crise et la fiabilité des outils de gestion de la fonction publique.

Les attentes des enseignants
Malgré l’annonce du paiement imminent des salaires, la méfiance reste de mise du côté des syndicats. S’ils saluent le déblocage des émoluments, ils rappellent que leur revendication principale — l’application intégrale du décret 2850 — reste entière. Le retour des enseignants dans les classes dépendra en grande partie des assurances que le gouvernement pourra leur donner sur ce point crucial. La semaine prochaine sera décisive pour l’avenir de l’école tchadienne.
La rédaction
