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Moyen-Chari : Le manque d’énergie électrique, un calvaire qui étouffe les entrepreneurs

Le président du Conseil provincial du Moyen-Chari, Dieudonné Djonabaye, a tiré la sonnette d’alarme face à la crise énergétique qui paralyse la province. Lors d’une conférence de presse tenue le 23 janvier 2026, il a dénoncé un déficit électrique devenu, selon lui, « le principal frein au développement économique » dans cette région stratégique du sud du Tchad.

Dans les quartiers populaires de Sarh, la capitale provinciale, l’électricité est devenue un privilège rare. Pour les entrepreneurs, artisans et petits commerçants, la situation frôle l’absurde. Mémadji, propriétaire d’un petit atelier à Kamati, décrit un quotidien marqué par l’incertitude. « Dans les bas quartiers, on voit le courant deux fois par semaine, et encore… ce n’est même pas garanti. Pendant ce temps, les quartiers résidentiels ont l’électricité presque tout le mois, mais selon des horaires incompréhensibles. C’est grave seulement ! »

Cette inégalité d’accès à l’énergie crée un fossé entre les zones favorisées et les quartiers populaires, où la majorité des activités économiques informelles tentent tant bien que mal de survivre.

À Sarh, comme dans plusieurs autres villes du Tchad, disposer d’électricité relève désormais du luxe. Les coupures prolongées, les fluctuations de tension et l’absence de planification claire plongent les habitants dans une précarité énergétique chronique. Les entrepreneurs, déjà confrontés à des coûts élevés et à un marché local fragile, doivent improviser pour maintenir leurs activités.

La plupart se tournent vers des groupes électrogènes, devenus indispensables mais coûteux. Entre le prix du carburant, l’entretien des machines et les nuisances sonores, ces solutions de fortune pèsent lourd sur les budgets.

« On ne peut pas compter sur la société nationale. Chacun se débrouille comme il peut », confie un jeune mécanicien du quartier Gardolé.

Pour Dieudonné Djonabaye, cette situation compromet gravement les ambitions économiques du Moyen-Chari. L’absence d’électricité fiable bloque l’installation d’entreprises, ralentit la transformation agroalimentaire, limite les services numériques et décourage les investisseurs.

Entrepreneurs, commerçants, ménages, tous attendent une réforme profonde du système électrique. Le Moyen-Chari, riche en potentiel agricole et humain, risque de rester en marge du développement national si l’accès à l’énergie continue d’être un privilège plutôt qu’un droit.

DJAGBARA Xavier