
Le récent décès tragique d’un patient à Pont Carol, lors d’une opération chirurgicale improvisée par un individu (Dr Choukou) sans qualification adéquate, met en lumière une réalité glaçante : au Tchad, l’accès à des soins de santé sécurisés reste un luxe inaccessible pour une grande partie de la population.
C’est une histoire qui illustre l’abandon sanitaire dans lequel vivent de nombreuses localités rurales du pays. À Pont Carol, un homme souffrant d’une masse au niveau de la cuisse a perdu la vie après avoir sollicité les services d’un « Docteur Choukou ». Ce qui aurait dû être une consultation et orientation vers des structures spécialisées s’est transformé en un acte de boucherie fatale.

Selon les témoignages recueillis lors, le patient présentait un gonflement important près de l’aine. Faute de structures hospitalières fonctionnelles et de médecins qualifiés à proximité, il s’est tourné vers ce praticien de fortune.
Le prétendu docteur a procédé à une incision profonde, allant jusqu’à cinq centimètres dans la chair, pour tenter d’extraire la masse. Malheureusement, cette intervention pratiquée dans des conditions précaires, a conduit au décès immédiat de la victime.

L’image de l’arrestation du « Docteur Choukou » par la gendarmerie circulant sur les réseaux sociaux témoigne de la violence du dénouement de cette affaire.
Ce drame n’est pas un cas isolé, mais le symptôme d’un mal profond : la pénurie criante de personnel de santé qualifié. Le slogan « Faute de médecins » affiché sur les réseaux sociaux résonne comme un cri de détresse.
Au Tchad, la concentration des infrastructures et des médecins dans les centres urbains laisse les zones rurales à la merci des « charlatans » ou de praticiens non formés. Lorsque la douleur devient insupportable et que l’hôpital le plus proche se trouve à des centaines de kilomètres, les patients n’ont d’autre choix que de confier leur vie à quiconque prétend pouvoir les soigner.
La mort de ce compatriote à Pont Carol doit servir d’électrochoc. La répression des faux médecins, bien que nécessaire, ne suffira pas à régler le problème si l’offre de soins légale reste inexistante.

Dénoncer ce drame, c’est interpeller les autorités sur l’urgence qui prévaut.
Tant que la santé ne sera pas une réalité de proximité pour chaque Tchadien, d’autres « Docteurs Choukou » continueront de prospérer sur le terreau du désespoir et de l’absence d’État, transformant de simples affections en sentences de mort.
