
L’onde de choc dépasse les murs du Lycée Français Montaigne. L’agression barbare subie par Haoua Cécilia Many, 15 ans, n’est pas une simple « querelle d’adolescentes ». C’est un acte de préméditation glaçant qui soulève une question fondamentale : le nom que l’on porte donne-t-il le droit de mutiler en toute impunité ?
Le récit des faits donne le vertige. Dissimuler une lame de rasoir pour mutiler le visage d’une camarade, tout en orchestrant la captation vidéo de la scène, relève d’une cruauté qui dépasse l’entendement. Haoua Cécilia, décrite par ses proches comme une élève brillante et exemplaire, a été la cible d’une violence gratuite qui laisse aujourd’hui des séquelles physiques et psychologiques indélébiles.
L’agresseuse identifiée appartient à l’entourage proche du pouvoir tchadien. Cette filiation ne doit en aucun cas servir de bouclier. Au contraire, elle impose un devoir d’exemplarité.
Le silence ou la complaisance face à de tels actes reviendrait à admettre qu’il existe au Tchad une justice à deux vitesses. L’école doit rester un sanctuaire. Si un établissement comme le Lycée Montaigne ne peut garantir la sécurité physique de ses élèves face à des comportements de type criminel, c’est tout le contrat éducatif qui s’effondre.

La famille de Haoua Cécilia Many se lève aujourd’hui pour réclamer justice. Ce combat n’est pas seulement celui d’une tante pour sa nièce, c’est celui de tout citoyen refusant que la loi du plus fort ou du « mieux né » ne l’emporte sur la loi des hommes.
Pour Haoua Cécilia, et pour que plus aucun enfant ne soit victime de la barbarie au sein de son école, l’impunité doit cesser.
DJAGBARA Xavier
