Chadian's reporter

Site géré par des journalistes indépendants traitant de l’actualité tchadienne

Loi 023 : Un tournant stratégique pour l’environnement Tchadien ?

Alors que le ministre de l’Environnement, Hassan Bakhit Djamous, multiplie les déplacements pour vulgariser la Loi n°023/CNT/2024 portant protection de l’environnement, le pays découvre progressivement l’ampleur d’un texte qui pourrait transformer durablement sa relation avec la nature. Adoptée le 15 octobre 2024 par le Conseil National de Transition, cette loi marque une étape majeure dans la construction d’un cadre juridique moderne, cohérent et ambitieux pour la gestion environnementale au Tchad.

Une loi fondatrice pour un pays sous pression écologique

Le Tchad fait partie des pays les plus exposés aux effets du changement climatique : désertification accélérée, assèchement des zones humides, pression sur les ressources en eau, pollution urbaine croissante, dégradation des sols, perte de biodiversité. Dans ce contexte, la Loi 023 apparaît comme un instrument stratégique.

Le texte reconnaît l’environnement comme un « patrimoine national et partie intégrante du patrimoine mondial », dont la conservation relève de l’intérêt général. Il consacre également un droit fondamental, « tout habitant du Tchad a droit à un environnement sain. »

Cette loi ne se limite pas à des déclarations de principe. Elle établit des règles précises pour la gestion durable des ressources naturelles, la prévention de toutes formes de pollution, la protection de la biodiversité, la régulation des installations industrielles, la gestion des déchets, le contrôle des activités pétrolières, gazières et minières, la préservation des zones humides, la qualité de l’air et de l’eau, la protection du patrimoine culturel et naturel.

Elle introduit également des outils modernes comme « l’évaluation environnementale stratégique, l’étude d’impact environnemental et social, l’audit environnemental, ou encore le permis environnemental. » Autant de mécanismes qui alignent le Tchad sur les standards internationaux.

Un enjeu vital pour le développement national

L’importance de cette loi pour le Tchad est multiple. Le pays subit une pression écologique intense : avancée du désert, assèchement du lac Tchad, pollution liée aux hydrocarbures, déforestation. La loi impose désormais des normes strictes pour prévenir, réduire ou réparer les dégradations.

Les secteurs pétrolier, minier, agricole et industriel doivent désormais se conformer à des obligations environnementales strictes : études d’impact, gestion des effluents, interdiction de brûlage du gaz sauf cas exceptionnels, remise en état des sites après exploitation.

La loi interdit les rejets toxiques, encadre les déchets spéciaux, fixe des normes de qualité de l’air et de l’eau, et protège les populations contre les nuisances sonores, olfactives ou lumineuses.

Elle crée des mécanismes de financement, notamment un « Fonds spécial pour l’environnement », et renforce les pouvoirs de contrôle du ministère. En intégrant la lutte contre le changement climatique, la loi place le Tchad dans une dynamique de résilience et d’adaptation.

La mission du ministre : une vulgarisation essentielle

La tournée de vulgarisation menée par le ministre Hassan Bakhit Djamous n’est pas un simple exercice de communication. Elle répond à un besoin stratégique.

La loi compte plus de 100 articles couvrant des domaines variés : biodiversité, déchets, hydrocarbures, urbanisme, risques, substances dangereuses. Sans vulgarisation, elle resterait inaccessible à la majorité des acteurs concernés.

Elle repose sur un principe clé « la protection de l’environnement est l’affaire de tous. »  Les collectivités locales, les entreprises, les associations et les citoyens sont appelés à participer activement à la prévention des pollutions et à la gestion durable des ressources.

Une loi, aussi ambitieuse soit-elle, n’a d’impact que si elle est comprise et appliquée. La mission du ministre vise à expliquer les obligations nouvelles, clarifier les procédures (permis, études d’impact, audits), sensibiliser aux sanctions, encourager les bonnes pratiques, instaurer une culture environnementale nationale.

Les entreprises doivent désormais intégrer des normes environnementales strictes. La vulgarisation permet d’éviter les conflits, les sanctions et les incompréhensions.

Un texte qui engage l’avenir du Tchad

La Loi 023 n’est pas seulement un cadre juridique : c’est une vision. Elle place l’environnement au cœur du développement national, dans un pays où les enjeux écologiques conditionnent directement la stabilité sociale, la sécurité alimentaire, la santé publique et la croissance économique.

En la vulgarisant, le ministre Hassan Bakhit Djamous joue un rôle déterminant : il transforme une loi en outil concret, compréhensible et applicable. Il prépare le Tchad à affronter les défis climatiques du XXIᵉ siècle et à protéger un patrimoine naturel unique mais fragile.

Cette loi, si elle est pleinement appliquée, pourrait devenir l’un des piliers d’un Tchad plus résilient, plus durable et mieux préparé pour l’avenir. Que ça ne se limite pas aux sensibilisations, mais que le ministère fasse un suivi pour une meilleure application

DJAGBARA Xavier