
Il y a des voix qui ne se contentent pas de chanter, mais qui portent en elles le souffle de tout un peuple. À l’occasion de l’anniversaire de sa disparition, le Tchad se souvient de Diego Mustapha Ngarade, un artiste dont l’engagement et le talent ont marqué l’histoire culturelle et sociale du pays.
Fils d’une mère pleureuse et cantatrice, Diego était l’héritier d’une tradition orale profonde où le cri du cœur se mêle à la mélodie. C’est sans doute dans cet héritage maternel qu’il a puisé cette sensibilité unique, capable de transformer la douleur en espoir et le silence en combat.
Plus qu’un musicien, Diego Maestro était un éveilleur de consciences. Son œuvre restera indissociable de ses combats. Il croyait en un Tchad où chaque enfant, peu importe son origine, pourrait s’épanouir. À travers ses textes, il a défendu la dignité et les droits des femmes, piliers de la société. Sa voix s’est élevée sans relâche pour la liberté et la justice, des engagements qui lui ont valu d’être décoré Chevalier de l’Ordre de mérite par le Idriss Deby Itno.

La mort l’a fauché le 29 décembre 2013, alors qu’il nourrissait encore de grands projets pour la culture tchadienne. Il s’apprêtait à offrir à son public un double album, un projet ambitieux qui devait sceller sa maturité artistique. Si le destin en a décidé autrement, les morceaux déjà connus et l’écho de son courage continuent de résonner dans les rues de N’Djamena et bien au-delà.
« Un artiste meurt, mais son œuvre est un testament qui continue de parler aux générations futures. » Aujourd’hui, honorer sa mémoire, c’est continuer à écouter ses messages et à porter les valeurs de fraternité qu’il a défendues jusqu’à son dernier souffle.
Repose en paix, l’Artiste. Ton micro s’est éteint, mais ta voix demeure.
