Chadian's reporter

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L’ère numérique ignorée : L’urgence d’une présence en ligne pour les institutions tchadiennes

Dans un monde de plus en plus connecté, où l’information circule à la vitesse de la lumière, l’absence ou la mauvaise gestion de plateformes numériques par certaines institutions étatiques tchadiennes constitue un frein majeur à la transparence, à l’efficacité administrative et à l’accès citoyen. Il est impératif de dénoncer cette négligence numérique qui maintient une partie de l’administration dans une ère révolue.

L’inexistence ou l’obsolescence des sites web : un fossé numérique

L’absence totale de site internet pour des ministères ou des agences publiques censées être au cœur de la vie nationale. Cela rend la recherche d’informations de base (missions, organigramme, contacts, procédures) impossible à distance.

Des sites web fantômes : Lorsqu’un site existe, il est souvent obsolète, avec des informations datant de plusieurs années, des liens brisés, et une conception graphique digne des débuts d’Internet. Cela témoigne d’un manque de maintenance et d’une absence de stratégie d’actualisation.

Contenu non-pertinent ou non-opérationnel : Les formulaires de contact ne fonctionnent pas, les documents importants ne sont pas téléchargeables ou sont introuvables.

Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle contredit la volonté affichée d’entrer dans la modernité et la gouvernance électronique.

L’absence d’une bonne gestion numérique a des conséquences directes et négatives. Le manque de transparence et l’opacité. Un site internet est le premier outil de la reddition des comptes. En l’absence d’une plateforme actualisée, la diffusion des budgets, des appels d’offres, des lois et des rapports d’activités reste lacunaire, alimentant la suspicion et l’opacité.

L’obstacle à l’accès aux services publics : Les démarches administratives nécessitent encore trop souvent un déplacement physique, des attentes interminables et l’utilisation de méthodes archaïques. Le potentiel de la dématérialisation des procédures est totalement sous-exploité.

À l’international, l’absence de présence numérique professionnelle nuit à l’image du Tchad et décourage potentiellement les investisseurs ou les partenaires qui peinent à obtenir des informations fiables et rapides.

Il est temps que les autorités tchadiennes prennent la pleine mesure de l’urgence numérique. La solution passe par des actions concrètes. Ne pas se limiter à la gestion des réseaux sociaux des institutions mais alimenter régulièrement les sites internet. Désigner et former des équipes dédiées au sein de chaque institution pour la gestion et l’animation de ces plateformes numériques. L’e-gouvernance doit devenir une priorité de formation.

Le site internet n’est pas un luxe, mais un outil fondamental de la bonne gouvernance au 21e siècle. Il est grand temps que l’administration tchadienne embrasse pleinement l’ère numérique pour mieux servir ses citoyens.