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Mouvement Le Pacte des Bâtisseurs : L’heure du congrès et des grandes décisions

Le Mouvement Le Pacte des Bâtisseurs a franchi une étape institutionnelle majeure à Paris en France, ce samedi 29 novembre en tenant son tout premier congrès national. Cet événement fondateur, très attendu par ses membres et alliés, avait pour objectif principal de définir le statut du mouvement et de poser les bases de son organisation structurelle.

Jusqu’à présent, Le Pacte des Bâtisseurs fonctionnait principalement sur une base de mouvement citoyen. Ce premier congrès national marque donc un tournant décisif vers la transformation en une véritable force politique structurée.

La session plénière, qui a réuni les membres du mouvement venus de toute la France, la représentante du Mouvement pour le Renouveau Démocratique (MRD) de Djibouti, le représentant du Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), de l’équipe de la coordination Europe du Parti Socialiste sans Frontière (PSF) et de son secrétaire général (SG) national Gam Robert, la coordinations Europe du parti Les Transformateurs, le SG du FACT, des anciens activistes et plusieurs panafricanistes, était entièrement consacrée à l’examen, à la discussion et à l’adoption des textes fondamentaux du mouvement. Le point central des débats fut sans conteste la confiscation du pouvoir par un clan, le bâillonnement du peuple, la répression et la place de la femme dans une société Tchadienne fortement impacté par la tradition.

Dans son mot d’ouverture, le président du mouvement Le Pacte des Bâtisseurs, Abdelkerim Koundouguimi s’est voulu confiant, parce que la « jeunesse est prête », les « racines qu’on est en train de poser aujourd’hui permettront à la jeunesse tchadienne d’être prête à prendre la relève ». Activiste panafricaniste, conscient qu’ensemble « on ira plus loin » Koudougoumi identifie l’ADN du mouvement au panafricanisme, parce que « si le Tchad doit s’aligner, il faut que l’Afrique s’aligne ».

Le professeur Lucien Panbou, spécialiste des relations internationales et politique, intervenant pour analyser la situation politique du Tchad, décrit « un pays qui est touché par la violence politique depuis Tombalbaye ».

Aux mouvements comme Le Pacte des Bâtisseurs, de permettre « de changer le paradigme, de changer de modèle ». Par ce mouvement, Panbou pense qu’il faut « changer la façon de traiter la jeunesse en évitant les conflits intergénérationnels ». Il a insisté sur la stratégie à adopter, « loin de la solution rebelle ». Précision qui a suscité plusieurs autres interventions dans la salle, notamment de ceux ayant participer aux discussions de Doha en 2022, en prélude au dialogue national. Ceux-ci ont décrié la volonté d’imposition de choix venant du pouvoir. Voyant le bâillonnement des signataires de l’accord de Doha, l’emprisonnement des voix dissidentes et le verrouillage de l’espace politique, que loin d’être une solution, « la discussion avec le système en place est une fiction ».

Le SG du PSF, rescapé de la répression violente du système, a témoigné de son séjour en prison. Regrettant la mort tragique du président Yaya Dillo, il affirme que « des possibilités m’ont été offerte de quitter le Tchad. J’ai dit qu’il n’y a pas de Tchadien plus Tchadiens que l’autre. « Des propositions ont été mise sur la table comme quoi, je devais me taire. La réponse que j’ai donnée : je ne le ferai pas ». Il affirme que la « dignité, nous ne la vendons pas ». A la diaspora Tchadienne consciente, il dit, « nous vous transmettons le bâton, le conseil que nous vous donnons, ne vendez jamais votre dignité ».

Tour à tour, les intervenants ont encouragé les participants à ce congrès à reste fidèle à la lutte et ne pas céder aux chantages. Avec le Pacte des Bâtisseurs, le renouveau de la démocratie Tchadienne est en voie et la contribution de tous, sans distinction est importante.

Durant la deuxième partie du congrès, les membres se sont retrouvés pour étudier et amender les statuts et Règlement intérieur du mouvement. L’adoption de ces documents permet d’établir officiellement la personnalité morale du mouvement, de définir l’adhésion, les droits et devoirs des membres, ainsi que les instances de direction.

Bien que les grandes lignes soient connues, le congrès a permis de valider définitivement la plateforme idéologique qui guidera l’action des Bâtisseurs.

Les motions adoptées à la clôture du congrès ont tracé une feuille de route claire pour les mois à venir, axée sur le déploiement territorial du mouvement et l’installation des sections, le lancement de grandes campagnes thématiques correspondant à l’identité du mouvement et le lancement prochain du parti.

Ce premier congrès national cimente l’existence du mouvement Le Pacte des Bâtisseurs sur la scène politique et lui donne les outils nécessaires pour passer prochainement du stade de mouvement d’idées à celui de parti organisé.

DJAGBARA Xavier