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Tragédie de l’incendie d’Atrone : L’onde de choc et la question des responsabilités

Dans la nuit du 30 au 31 octobre 2025, une tragédie a secoué la capitale tchadienne, N’djamena. Un incendie d’une intensité dévastatrice a ravagé une maison à Atrone, situé dans le 7ᵉ arrondissement, coûtant la vie à quatre membres d’une même famille. Mais à qui la faute ? Les responsabilités incomberaient uniquement à l’Etat.

Les Faits et les Premières Hypothèses

Le sinistre se serait déclaré aux alentours de 3 heures du matin. Les premières constatations et témoignages pointent du doigt un possible court-circuit électrique ou une défaillance des systèmes de chauffage comme cause probable de l’incendie.

Les corps des victimes auraient été retrouvés blottis les uns contre les autres, témoignant de l’horreur de la situation et de l’impossibilité d’échapper aux flammes.

La Controverse sur l’Intervention des Secours

Le drame a immédiatement soulevé une vague d’indignation concernant la gestion des urgences et la réactivité des services publics.

– Retard des pompiers : Plusieurs sources évoquent une intervention des secours, notamment les sapeurs-pompiers, qui n’aurait pas pu être effectuée à temps pour sauver les victimes, contribuant à la gravité du bilan.

– Carence hospitalière : La polémique s’est intensifiée autour de la prise en charge médicale. Selon les témoignages, relayés notamment par un député de la circonscription, les victimes transportées d’urgence vers le Centre hospitalier universitaire de la Référence nationale (CHURN) n’auraient pas été admises, faute de place.

Réactions officielles et mesures

Face à la forte émotion et à la réaction publique, les autorités tchadiennes ont réagi rapidement.

Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Amb. Allah-Maye Halina, s’est rendu auprès des familles endeuillées pour présenter les condoléances du gouvernement. Le ministre de la Santé publique et de la prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a convoqué une réunion d’urgence pour faire la lumière sur les conditions d’intervention médicale. Il a « recadré » les responsables hospitaliers en rappelant qu’« un malade ne se refoule jamais ! » et que tout patient doit être reçu, écouté, examiné et orienté vers la structure appropriée. Une commission d’enquête a été ordonnée pour clarifier les éventuelles fautes professionnelles dans la chaîne de prise en charge et situer les responsabilités, notamment au sein du système hospitalier.

Ce drame met une nouvelle fois en lumière la vulnérabilité des infrastructures et la recrudescence des incendies liés aux court-circuit et les carences des services publics d’urgence au Tchad.