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Les écoles publiques au Tchad: une crise de l’éducation en silence

Un paradoxe marquant se dessine dans le paysage éducatif au Tchad. Alors que les écoles privées qui ne bénéficient que d’un élan des financements des individus, elles sont tout au moins plus solides et plus entretenues. Les écoles publiques, pourtant à la solde de l’État, se dégradent au jour le jour, devenant méconnaissables et malpropres. Cette insalubrité caractérisée met en lumière la crise qui sévit dans ces établissements, révélant un problème systémique et une négligence chronique qui affaiblissent l’avenir éducatif du pays.

En traversant les rues des villes tchadiennes, à N’Djaména en occurrence, les signes de la détérioration des écoles publiques sont flagrants et fâchent plus d’un tchadien. Des bâtiments au construit colonial à ceux générés à l’ère pétrolière, l’on constate une vétusté sans égal et indescriptible. Ce qui est sûr, dernière ce manque d’entretien, il y a une volonté manifeste de plonger le pays dans une catastrophe éducative de haute facture.

En effet, les bâtiments construits durant la période pétrolière présentent des défauts de construction majeurs. Visiblement, le béton se fissure, les murs se lézardent, et les toits montrent des signes de faiblesse et de risque grave. Mais au fond, rien de plus étonnant pour les esprits avertis.

Ainsi donc, l’architecture fantaisiste des écoles, conçue sans respect des normes de construction durable, ne répond plus aux besoins actuels des élèves et enseignants. En revanche, les anciens bâtiments coloniaux, malgré leur vétusté, montrent une résistance inattendue. En dépit de l’absence de fenêtres et de portes, rendant certaines salles de classes et même des bureaux administratif non commodes et inadaptés aux conditions modernes d’apprentissage, leur structure, bien que dégradée, est encore debout. La situation des latrines est trop lamentable pour être détaillée ici.

Un manque flagrant de réparation et d’entretien

En effet, la détérioration physique des écoles publiques est aggravée par le manque d’entretien qui semble être relegué au second rang. Les autorités, préoccupées par leurs propores priorités, ne montrent aucun intérêt pour la rénovation des infrastructures scolaires. Les salles de classe sont souvent sans mobilier adéquat, exposant leur caractère tant vétuste qu’insalubre. Ce désintérêt institutionnel se traduit par une absence de réfection et de mise à jour des équipements nécessaires à un apprentissage de qualité.

Si l’on part du postulat selon lequel il faut “un esprit sain dans un corps sain”, il sied de mentionner que l’échec à grande échelle des établissements publics aux examens nationaux ces derniers temps en dépend, en ce sens que la négligence de l’Etat tchadien vis-à-vis de l’éducation contribue à une baisse significative des performances scolaires dans les écoles publiques. Depuis cinq ans, ces établissements peinent à se faire une place lors des examens nationaux, notamment le baccalauréat. Les élèves issus des écoles publiques obtiennent des résultats de plus en plus médiocres, tandis que les écoles privées, financées par des particuliers et souvent mieux équipées, dominent les classements. Cette tendance creuse de plus en plus un gouffre béant entre les écoles privées et publiques et augmente l’inégalité des chances pour les enfants issus de familles moins favorisées. Les résultats du baccalauréat des trois dernières années sont un exemple magistral.

Aussi, faut-il dire, cette situation a des répercussions graves sur la société tchadienne. Car, la dégradation des écoles publiques reflète une inégalité croissante dans l’accès à une éducation de qualité. Dans l’un ou l’autre cas, il faut admettre que la crise des écoles publiques au Tchad est un problème complexe qui nécessite une réponse urgente et coordonnée. Dans cette logique, les autorités doivent reconnaître l’importance cruciale de l’éducation publique et investir dans la rénovation des infrastructures scolaires. Des politiques efficaces doivent être mises en place pour garantir que tous les enfants, indépendamment de leur origine socio-économique, aient accès à une éducation de qualité.

Si déjà l’on se rend à l’évidence que le défi est de taille, il est nécessaire de mener des actions concertées et un engagement sincère pour pouvoir espérer surmonter cette crise et construire un avenir plus équitable pour les générations futures. Le Tchad doit changer.