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Football : Quand les Sao dames démontrent la voie

Le football tchadien, comme dans beaucoup de nations, a traditionnellement mis l’accent sur son équipe masculine qui a du mal à se frayer un chemin. Pourtant, en ce moment, ce sont les Sao dames qui, par leur progression et leur détermination, offrent la leçon la plus pertinente sur la voie à suivre.

La nouvelle dynamique des Sao dames : un signal fort

Tchad contre Lybie, 16 à 00 en faveur des Tchadiennes. Tchad contre Afghanistan, 06 à 01, c’est là des scores bien réel, démontrant un potentiel offensif et une domination qui étaient impensables il y a peu, témoigne de la prouesse de l’équipe de football féminine Tchadienne sous la direction de Mahamat Nour André leur sélectionneur.

Bien que le football féminin tchadien soit encore jeune et n’ait jamais atteint de phase finale de compétition majeure, elle affiche une progression fulgurante et une volonté d’exister qui forcent aujourd’hui le respect. Malgré le fait que l’équipe féminine ait joué son premier match officiel aussi tardivement (en 2019) et affiche déjà une telle hargne est un indicateur clé de l’énergie investie.

Le retard stagnant des Sao hommes : un problème structurel

Les Sao Hommes, de leur côté, sont souvent pris dans un cycle de frustration et d’inconstance. Jamais de participation Coupe d’Afrique des Nations CAN, jamais de participation au Mondial et ce, malgré des décennies d’existence. L’équipe des Sao hommes n’a jamais réussi à se qualifier pour une phase finale de CAN ou de coupe du Monde. Leur historique est émaillé de défaites importantes et d’éliminations précoces lors des qualifications.

Le football masculin tchadien est régulièrement freiné par des problèmes structurels, notamment l’absence de championnat national régulier, ce qui rend la sélection difficile et affaiblit la compétitivité des joueurs évoluant au pays. Des suspensions de la fédération par la CAF ou la FIFA ont même eu lieu par le passé, témoignant d’une instabilité administrative importante. La valse des sélectionneurs empêche l’instauration d’une vision à long terme et d’une cohésion d’équipe durable.

L’Engagement de la Base et la Vision

La leçon que donnent les Sao dames aux Sao hommes tient en deux points fondamentaux : la base et la volonté.

– La priorité à la base : L’émergence du football féminin est souvent le fruit d’initiatives locales et d’un travail de fond pour structurer des compétitions régulières (championnat, tournois) même avec des moyens limités. C’est en faisant jouer les filles et en les encourageant que le talent émerge. Surtout dans un pays où les filles sont souvent reléguées au second plan. Les Sao hommes doivent exiger et soutenir un Championnat national stable pour former une ossature solide d’où puiser les meilleurs éléments. Comme c’est le cas avec championnat zonale lancé il y a peu par la ligue nationale de football tchadien.

– L’esprit et la soif de vaincre : Malgré un déficit historique de reconnaissance et de moyens, les dames affichent une détermination sans faille et un esprit de sacrifice loué. Cet état d’esprit, cette soif d’écrire l’histoire avec chaque match, est un modèle de professionnalisme que l’équipe masculine, malgré ses joueurs binationaux, doit absolument adopter pour surmonter les obstacles et espérer se qualifier pour une CAN.

La fédération tchadienne de football doit multiplier les efforts afin de mettre à la disposition des joueurs et du staff les ressources nécessaires pour une meilleure évolution. De leurs côtés, les joueurs et le staff doivent attiser la soif de vaincre. Avec l’intégration de joueurs binationaux et un nouveau sélectionneur (Raoul Savoy), il est impératif de s’inspirer de la résilience et de l’engagement des Sao dames pour réussir son pari historique afin d’effacer cette honte nationale que subit que l’équipe de football tchadien.

DJAGBARA Xavier