Chadian's reporter

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Tchad : Quand se soigner devient un parcours du combattant

Le système de santé tchadien fait face à de multiples difficultés liés au manque de matériel adaptés, des infrastructures délabrées et de personnels qualifiés. A cela s’ajoute désormais la négligence du corps soignant dans les établissements publics.

« […] J’ai répondu non docteur la douleur était intense, et mon grand frère est déjà faible, […] le médecin spécialiste par méchanceté il m’a demandé de repartir au pavillon d’urgence là où je suis arrivé », Nous raconte Mahamat (nom d’emprunt). Il ajoute, « …rappelé au vieux médecin généraliste que nous sommes tes enfants de la même région, et c’est comme ça qu’il nous a hospitalisé ».

Le témoignage de Mahamat, citoyen tchadien est glaçant. Alors que son frère souffrait, l’hospitalisation et l’interprétation de l’échographie ont été difficile a accepté par les professionnels de la santé qui les ont reçues. Ils ont eu gain de cause grâce à une connaissance, lui aussi médecin.

Ce récit met en lumière une vérité amère : au Tchad, la santé n’est pas un droit inaliénable garanti par l’État, mais un privilège conditionnel. Par ce témoignage, c’est une déconstruction de manière brutale de l’idée de la prise en charge et de l’équité dans le système. Ces récits révèlent que le véritable obstacle n’est pas seulement le manque de moyens (infrastructures vétustes, pénurie de médicaments) qui handicapent déjà largement le système, mais aussi un problème structurel d’humanité et de gouvernance.

L’accès aux soins de base sont souvent monnayé contre une reconnaissance personnelle. Cela signifie que sans ce levier personnel, le patient peut être renvoyé ou négligé, soulignant une maltraitance institutionnelle généralisée.

Le système de santé tchadien souffre de pénuries chroniques de personnel (avec un ratio de 1 médecin pour des dizaines de milliers d’habitants) et du poids des épidémies et des crises humanitaires. Mais ces défis ne peuvent servir d’excuse au manque de dignité et de professionnalisme dans la relation entre soignant et soigné.

Ce témoignage n’est pas un cas isolé ; il est l’écho des souffrances de milliers de Tchadiens contraints, chaque jour, de quémander les soins vitaux. Les autorités tchadiennes et leurs partenaires internationaux doivent impérativement se pencher sur ce problème. Tant que la vie d’un patient dépendra d’un éloge personnel au lieu d’une procédure standard, le Tchad restera désespérément éloigné de ses objectifs de santé, et ses citoyens continueront de mourir sous la double peine de la maladie, de la vétusté du matériel et de la négligence du personnel.

La santé est une question de vie ou de mort. Au Tchad, elle est aussi une question de dignité.