
L’état précaire des bâtiments des écoles publiques au Tchad demeure un défi majeur pour l’éducation. Malgré les multiples alertes lancés aux autorités, rien ne semble avance. La vétusté des bâtiments expose de plus en plus les élèves.
L’éducation est un pilier fondamental du développement, mais au Tchad, l’état des bâtiments des écoles publiques constitue un obstacle majeur à la qualité de l’enseignement. Malgré les efforts et les initiatives de réhabilitation, une grande partie des infrastructures scolaires publiques demeure dans un état de délabrement critique, impactant directement les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des enseignants. En image, le lycée de Djodo dans le département de la Kabbia, région du Mayo Kebbi-Est. L’alerte des conditions difficiles dans lesquelles élèves et enseignants évoluent est lancé par le président du Mouvement Populaire pour la Reforme (MPR) David Varga qui salue l’effort des élèves et parents d’élèves qui conjuguent leur effort pour avoir un cadre pour étudier. Il déplore l’absence de l’autorité qui n’intervient dans la Kabbia que « lorsque le commandant de brigade envoie ses éléments pour arrêter quelqu’un ou lorsqu’il y a marché, pour racketter la population ». Ressortissant de la région, David Varga déplore les conditions pénibles du corps enseignant dans la région.
Comme Varga, ils sont plusieurs à alerter sur l’absence d’intervention pour sauver l’éducation dans les zones rurales. A tel point, que Mbaimou Innocent, cuisinier de son état, a repris la gestion de l’ancienne école communautaire de Boudou Senkoura dans le Logone Oriental en y injectant son salaire pour financer la construction d’un bâtiment de 3 salles de classes et la gestion des salaires des enseignants avec l’appui des parents d’élèves.

Le Tchad fait face à un manque chronique d’infrastructures scolaires de qualité. Dans de nombreuses régions, notamment rurales, les salles de classe se résument souvent à des constructions de fortune en paille, qui n’offrent ni sécurité ni protection adéquate contre les intempéries (chaleur, poussière, pluie). Même lorsque des bâtiments en dur existent, beaucoup sont inachevés, vétustes ou en ruine depuis des décennies. Le souvenir de l’écroulement du vieux bâtiment servant de salle de classe aux élèves de l’EGTH de Pala (dans la région du Mayo Kebbi-Ouest) en avril 2025 est encore dans les esprits.
L’état précaire des écoles publiques contribue à une inégalité des chances grandissante. Les établissements privés, souvent mieux dotés en infrastructures et en équipements, sont privilégiés par les familles qui en ont les moyens, tandis que l’école publique est jugée « non attrayante » et « d’incertitude », creusant un écart béant dans les résultats académiques.

Face à cette situation criarde, les actions sont menées par le gouvernement tchadien et ses partenaires techniques et financiers (Banque mondiale, UNICEF, Bad, GPE, etc.) pour revitaliser le système éducatif et doivent s’intensifier avec un suivi sur le financement des projets afin d’éviter les détournements. Avec l’obtention des 160 millions de dollars d’aide pour financer la construction des écoles, former les enseignants et promouvoir une éducation inclusive d’ici 2030, les regards des enfants des zones rurales dans les deux Mayo- Kebbi et par ricochet de toutes les provinces du Tchad sont tournés vers les autorités Tchadiennes.
Le développement de l’éducation au Tchad exige non seulement la construction de bâtiments modernes et sécurisés, mais aussi un engagement durable de l’État dans leur entretien et leur gestion, afin de garantir à chaque enfant un environnement d’apprentissage digne de ce nom.
Djagbara Xavier
