
Au Tchad, il est de plus en plus rare de trouver des routes goudronnées en état. Les voies qui relient les grandes villes du pays sont truffées de nids de poules, transformant les voyages en un véritable calvaire. A quand donc des routes bitumées pour ce pays riche en pétrole et autres matières premières ?
Le Tchad, grand de 1.284000 km2, pays enclavé, est fortement dépendant de ses routes pour le commerce national et international, assurant plus de 95% de ces échanges. Cependant, son réseau routier négligé par les autorités, est confronté à des défis majeurs.
Parmi les multiples problèmes auxquels font face les routes Tchadiennes, l’on peut noter le faible taux de revêtement (Sur un réseau routier national de 6 200 km sur un total de 40 000 km de routes et pistes), la proportion de routes bitumées demeure très faible, un facteur qui entrave le développement économique déjà très affaibli par d’autres facteurs. Dans la capitale, N’Djamena, la plupart des routes sont délabrées et boueuses. Les routes non revêtues deviennent souvent impraticables pendant la saison des pluies, isolant de nombreuses communautés rurales et limitant l’accès aux marchés, écoles, et services de santé etc.

La mauvaise qualité des routes et les tracasseries policières sur les corridors routiers, comme celui de Douala-N’Djamena, qui traite une part significative du PIB cumulé du Tchad et du Cameroun, augmentent considérablement les coûts de transport (estimés à 50% de la valeur des exportations pour les pays enclavés).
Dans certaines régions frontalières notamment celles du Lac Tchad, du Tibesti, de l’Ennedi et du Borkou, les déplacements sont déconseillés en raison des risques sécuritaires liées à la présence constante de groupes armés, compliquant d’autant plus l’acheminement des biens et des services pour desservir les zones enclavées.

Malgré la situation critique, le gouvernement tchadien a fait du développement des infrastructures routières une priorité stratégique pour désenclaver le pays et stimuler son économie (selon ses communications). Plusieurs initiatives et financements majeurs soutiennent cet espoir.
Un plan routier visant la construction de 7 000 km a été annoncé, marquant une volonté de densifier et d’étendre le réseau routier, même si les financements restent en partie à mobiliser et que rien ne semble avancer sur le terrain.
A cela s’ajoute le plan « Tchad Connexion 2030 », qui est un plan de développement, avec des investissements d’ampleur, prévoyant l’extension et la densification du réseau routier, notamment par le déploiement de corridors régionaux critiques et la mise en place d’un mécanisme pérenne de gestion et d’entretien des routes.

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement tchadien compte sur des institutions financières internationales et régionales activement impliquées dans le financement des projets routiers (la Banque Africaine de Développement (BAD) ; la Banque Mondiale ou encore la Banque Européenne d’Investissement (BEI) qui ont déjà répondu a financé plusieurs projets routiers au Tchad et dont certains décrient la mauvaise gestion des fonds alloués après des rapports de suivi négatif.

Toutefois, ces nouveaux plans de développement sont des initiatives visant non seulement à améliorer la praticabilité des routes toute l’année, mais aussi à réduire les temps et les coûts de déplacement, facilitant ainsi les échanges commerciaux et l’accès aux services essentiels. L’espérance réside dans la concrétisation rapide de ces projets et dans l’établissement d’une gestion et d’un entretien durables pour pérenniser ces infrastructures loin des facteurs sociaux qui jusque-là ont ralenti le développement du réseau routier Tchadien.
